Vous avez dit fracture de fatigue ?

L’ombre de la fracture de fatigue plane sur tous les sportifs assidus, quelle que soit l’activité qu’ils pratiquent. On l’appelle aussi la fracture de stress ou de contrainte. Votre coach sportif personnel ou les coachs que vous fréquentez en salle pourront certainement vous le confirmer : l’une des premières choses à faire pour l’éviter ou en limiter l’aggravation, c’est écouter son corps.

Qu’appelle-t-on fracture de fatigue ?

Une fracture de fatigue est une perturbation de la structure osseuse provoquée par une activité soutenue et répétée. Contrairement aux autres fractures, elle ne survient pas à la suite d’un traumatisme et n’est pas due à l’ostéoporose (déminéralisation de l’os qui entraîne sa fragilisation). La particularité de la fracture de fatigue est de survenir sur un os sain et chez une personne en bonne condition physique, la plupart du temps sportive.

C’est justement le rythme sportif soutenu ou une activité physique non violente mais répétée et/ou mal exécutée qui se trouvent à l’origine de cette lésion. C’est un peu le « burn out » de l’os trop sollicité qui ne parvient pas à s’adapter et craque. Cela donne une cassure incomplète, un genre de fissure.

Dans 95 % des cas, elle touche les membres inférieurs puisque ce sont eux qui soutiennent l’ensemble du corps lorsque nous nous agitons. Elle touche particulièrement les marathoniens et les férus de running. Avez-vous conscience que, lorsque vous courrez, le poids de votre corps est multiplié par trois à chaque foulée ? Et ce sont vos membres inférieurs qui absorbent cela. Tibia, péroné et métatarses (l’avant des pieds) sont en première ligne.

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Zoom sur l’os

Pour bien comprendre ce phénomène, intéressons-nous à la structure de l’os. Il est fait de trois couches : une membrane, une lame d’os très dense qu’on appelle l’os cortical et une partie plus molle qu’on appelle l’os spongieux. Le tissu osseux est vivant et en constant renouvellement grâce à trois sortes de cellules : les ostéocytes qui constituent la matrice de l’os, les ostéoclastes qui détruisent les ostéocytes usés, et les ostéoblastes qui fabriquent de nouveaux ostéocytes.

Lorsque l’on s’adonne à la pratique intensive d’un sport, le tissu osseux a besoin d’être renouvelé plus rapidement. Les ostéoblastes rencontrent un problème : ils ne parviennent pas à fournir assez de nouvelles cellules pour consolider l’os mis à mal alors que parallèlement, les ostéocytes usés continuent de disparaître, laissant derrière eux des zones d’érosion. C’est là qu’apparaissent des microfissures souvent invisibles lors d’une radiographie et difficiles à diagnostiquer.

Une IRM, un scanner ou une scintigraphie (injection d’un liquide radioactif capable de révéler les éventuelles lésions en se fixant sur l’os atteint) peuvent être préconisés pour déceler plus vite une fracture de fatigue. Sans cela, il faut souvent attendre plusieurs semaines pour apercevoir le trait de fracture mis en évidence par le cal osseux qui commence à se former.

Et si elle se fait physiquement discrète, reste que cette blessure est très douloureuse.

Quel traitement ?

Il n’y a pas de remède magique contre la fracture de fatigue. On préconise l’arrêt total de toute activité physique sollicitant le membre concerné jusqu’à rémission complète. Plusieurs semaines à plusieurs mois sont nécessaires à une bonne consolidation. Il est important d’ajouter à cette convalescence une alimentation équilibrée, riche en calcium et en vitamine D pour fortifier l’ensemble de l’ossature.

Plus largement, soyez attentif aux alertes de votre organisme. C’est l’un des meilleurs moyens d’éloigner le spectre de la fracture de fatigue. Si vous souffrez après une séance de sport, ce n’est peut-être pas seulement le signe d’un bon entraînement. Prenez garde à utiliser des chaussures adaptées à votre activité également, et pensez à les renouveler. N’hésitez pas demander conseil à des spécialistes du sport et du matériel sportif.

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(Jambes de coureurs)

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(Baskets)

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